L'été à Tasiilaq

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Tasiilaq est un petit village de la côte Est Groenlandaise, il y a environs 1800 habitant et c’est le plus grand village de la côte.

Pour nous que nous habitons dans des grandes villes, nous pouvons penser qu'il n’y pas grand chose car le village est composé d'un petit port, utilisé par les habitants et par le seul gros bateaux qui l’été lorsque les glaces se cassent et la mer redevient navigable,il fait les aller retours pour refournir les seuls 2 magasins de la ville. Il y a bien sur une maison communale, un bureau de poste, une église et un hôpital, le seul de la côte et utilisé par tous les petits villages, si une femme qui habite dans un autre village doit accoucher, elle doit être transporté ici ( par bateaux, parfois il faut jusque 2h de bateaux pour arriver ici, ou avec le traîneau si c’est l’hiver) et ensuite elle ne rentre chez elle avec son bébé. Il y a également un charmant centre touristique dans le quel on peut acheter des cartes postales, des petits souvenirs et qui fonctionne aussi de glacier. Il n’y que 2 routes dans tout le village, impossible de se perdre. Mais moi, je le trouve parfait comme ça, c’est amusant de se balader au milieux des petites maisons en bois coloré qui contrastent avec la mer et les morceaux d’icebergs qui trainent dans la baie en rendant le tout si charmant. En plus les habitants de Tasiilaq malgré toutes les difficultés qui doivent affronter, sont toujours souriants et nous laissent sentir qu’on est les bienvenues chez eux.

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Les inuits disent qu’ici il y a seulement 2 jours, 1 nuit et 1 jour. En effet cela ce comprends bien car depuis que je suis arrivée je n’ai pas encore vu une seule nuit. L’été ici c’est le jour. En effet le soir le soleil se couche vers 22h00, mais il ne part pas vraiment il se cache derrière une montagne en laissant sa lumière s’échapper dans le ciel de façon qu’il ne fait pas vraiment nuit, pour ensuite réapparaître vers 3h00 du matin en illuminant le ciel à nouveau avec ses rayons dorés. Les premiers jours que j’étais ici cela me fessait bizarre, car si je me réveillais en pleine nuit mon premier réflexe était de regarder hors de la fenêtre pour comprendre plus ou moins quelle heure cela pouvait être, je me disais alors “ Ohhh, c’est déjà le matin! ", et ensuite en regardant ma montre je me rendais compte qu’il n’était que 3h du matin…Très amusant.

Cela fait maintenant 3 semaines que je vis à Tasiilaq je me suis habitué et j’arrive à dormir sans masque ni de rideau, si je me reveille, comme le ciel est toujours clair et c’est impossible de définir quoi que ce soit, je regarde directement ma montre pour comprendre quelle heure il est.

La nuit dernière je me suis réveillée, il était 2h45 du matin et par curiosité j’ai regardé par la fenêtre, c’était tout simplement magique. Juste avant le lever du soleil les quelques nuages qui se trouvaient dans le ciel prenaient une couleur rose, on aurait dit une peinture. C’était le premier lever du soleil aussi beau que je voyait, alors je n’ai pas pu resister, j’ai attrapé ma camera, mis une veste par dessus de mon pyjama et je suis sortie prendre des photos. C’est après environs 15 min que j’était dehors en pantoufles et sous les yeux des chiens du voisin qui me regardaient d’une aire douteuse, que je me suis rendue compte que j’étais sortie sans les clefs et que su quelqu’un fermait la porte je serais restée dehors pour restant de la nuit, en pyjama. Heureux, j'ai couru à temps, car sur la terrace il y avait Viggo, le Inuit qui habite dans la même maison où je me trouve, qui était entrain de fumer, j’ai pu alors lui faire signe pour qu’il me laisse la porte ouverte, retourner à l'intérieur et me recoucher dans mon lit encore chaud.

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L’été ici à Tasiilaq et au Groenland en général, ce n’est pas simplement une saison de vacances comme on peut le concevoir en Europe. Ici c’est un vrai réveil. Après avoir passé des longs mois dans l’obscurité et dans le froid, on ressent vraiment comme cette lumière régénère et recharge les personnes et la nature dans la quelle ils vivent. Il est possible maintenant de travailler, on peut réparer tout ce que l’hiver avec ses vents très forts et le températures glaciales a cassé. On peut chasser le jour et la nuit, jouer pendant que les chiens se reposent au soleil pour être prêts pour l’hiver. Voilà ce qu’on voit quand on se balade dans le village pendant ces mois d’été. Les enfants restent dehors toute la journée, comme il n’y a quasi pas de routes et très très peu de voitures ils sont libres de courir partout et de s’amuser entre-eux.
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Les lessives sèchent au soleil en même temps que les peaux d'ours, les poissons et les morceaux de phoque.
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On peut manger une glace, se balader dans le village en regardant les morceaux d’icebergs qui transportés par le courant entrent dans le fjord, sortir en bateau, aller à la pèche et chasser la baleine.

Il y a quand meme des journées dans les quelles le vent revient et parfois il pleut, et alors on arrête tout; le travail et toutes les autres activités, on reste chez soi on boit une tasse de thé ou de café, on lit un livre, on raconte des histoires, on rigole et on attends que la météo change. On ne s’énerve pas, car à quoi bon? Que pouvons nous faire contre un vent qui peut souffler jusque 300km/h? Les rafales sont tellement fortes qu’elles déplacent même des déchets qui pèsent jusque 100kg, alors la chose la plus sage et sure à faire c’est rester chez soit et attendre.

Je n’ai eu que deux journée de vrai mauvais temps et de tempête depuis que je suis ici, mais ce n’était pas un vent aussi fort car il ne soufflait qu’à 180 km/h, mais pour moi c’était déjà amusant à voir. De la maison dans la quelle je vis est tout en haut de la colline (c’est la toute dernière maison en haut du village et par ma fenêtre je peux voir le fjord et la ville en bas) lorsque le soir que la tempête annoncée est arrivée, je pouvais sentir le vent siffler au travers le bois et pousser avec toutes ses forces contre ses parois comme une vague se brise contre un rocher dans la mer. Parfois les murs et toute la maison tremblaient je me demandais alors si on allait tous s'envoler, mais ensuite en regardant les autres locataires qui paraissaient tout à fait tranquil j’ai abandonné cette pensée, je me suis couchée et je me suis endormie bercée par les histoires que le vent portait avec soi.
alt alt Le lendemain matin sous un soleil resplendissait le calme était à nouveau présent et le village reprenait le cours normal des choses, les enfants couraient partout, les chiens ululaient, les adultes travaillaient et les touristes heureux de ne plus être enfermés dans l’hotel repartaient pour des randonnées dans les merveilleuses vallées Groenlandaises.

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