Naneq, l'ours blanc - Naneq, The Polar Bear

Entre le Groenland et Naneq (ce qui en inuit signifie ours blanc) c’est une histoire d’amour.
Mais depuis quelques années on voit de plus en plus d’ours prêt des villages. A Tasiilaq, dans le sud-est du Groenland, cette année ils ont compté environs 10 fois plus d’ours blancs que les autres années. Axel, un homme Inuit qui a grandit ici à Tasiilaq, il me disait que quand il était enfant c’était vraiment difficile de rencontrer un ours, et les chasseurs devaient aller loin pour en avoir un, parfois ils marchaient pendant une semaine sans être sur d’en rencontrer aucun. Mais aujourd’hui c’est toute une autre histoire, depuis que je suis arrivée à Tasiilaq il ya 2 semaines, 3 ours ont été vus à moins de 500m du village et quand on part en randonnée on prends toujorus un fusil avec nous. Surprenant? Pas vraiment, intrigué par la question j’ai parlé avec le personnes et fait des petites recherches.
alt alt Les questions que je posais étaient: “Es ce que cela signifie qu’il y a plus d’ours?” ou “Es ce que les ours se déplacent plus au sud?” et dans ce dernier cas “Pourquoi?”. Lors de mes recherches ‘j’ai découvert que le nombre d’ours de la population de L’Est du Groenland n’est pas connue, mais j’ai aussi lu sur un article du WWF que comme la glace arctique se forme plus tard et se dissous plus rapidement à cause du réchauffement climatique et parfois elle est trop fine pour que les ours blancs puissent se déplacer, ils sont donc forcé soit de nager pendant une longue traite, soit de rester à terre en attenant que la glace revienne. Voilà pourquoi probablement on voit plus d’ours qu’autrefois. Le problème? Les ours polaires ne sont pas fait pour rester sur terre. Malgré qu’ils soient des nomades, leur habitats se sont les glaces et la mer glacée où ils peuvent facilement se déplacer, entre les icebergs, nager, chasser le phoque et donc se nourrir. Si la glace disparait, c’est simple, ils rentent sur la terre ferme où il n’y a pas de phoques (l'alimentation de base d'un ours blanc), donc ils ne peuvent pas se nourrir et affamés ils sont attiré par les parfums des déchets et des aliments qui se trouvent dans les villages et donc ils s’approchent dangereusement. Ce qui est un danger pour eux et pour les habitants des villages sur la côte Groenlandaise.

Pour le peuple Inuit l’ours a toujours été un symbole important de leur culture, il ne représente pas seulement le prédateur connu de tous, souvent on le décrit comme un animal curieux, dangereux et fortement respecté. Ici l’ours est l’animal le plus important de tous. La valeur d’un chasseur est déterminée son le nombre d’ours qu’il a tué. Mais ce n’est pas la chasse comme on peut l’imaginer en Europe, ici les gens ne chassent pas pour être importants, s'amuser ou juste pour suspendre la peau sur le mur du salon, ici on chasse pour vivre ou mieux pour survivre.

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Il faut s’imaginer cette terre riche de paysages si magnifiques dont et je ne pourrais jamais m’arrêter de regarder avec admiration, mais si difficile à la fois dure, parfois effrayante et dangereuse, elle ne permet aucun élevage, ni culture, le climat et le météo sont les souverain des hommes et donc la chasse reste un moyen essentiel de survie.
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J’ai n’ai pas encore eu la chance (ou la malchance) de rencontrer le roi des glaces même si j’adorerai en voir un, quand j’y pense, je ressens comme un sentiment d’excitation et frayeur en même temps, l’idée de me retrouver devant cet animal imposant sans aucune défense (c’est vrai qu’on a quasi toujours un fusil avec soi, mais à quoi bon quand on est une fille d’ 1,50 m et que les seules fois qu’on a tiré à la carabine c’était sur des canards en cartons aux foires locales?) et échanger le regard d’un instant reste un rêve. Peut être un jours j’aurais cette change, j’espère alors avoir aussi la chance de pouvoir le raconter.

La semaine dernière j’ai partagé deux magnifiques journées avec un des meilleurs chasseur de la côte; Tobias. Quand je lui parle de l’ours blanc il sourit, je trouve que lui aussi a quelque chose de l’ours, pas qu’il soit gros, mais quand il se tient à côté ou en face de moi je sens sa présence importante, imposante comme celle de cet animal mythique. Il m’a expliqué que la chasse de l’ours est réglementée, il peut tuer 25 ours par an, chose que n’est pas si simple. Je lui ai demandé si on chasse l’ours seul ou en groupe, il faut admettre qu’a mes yeux c’est quand même un gros animal. Il m’a simplement répondus, "seul ou en groupe", cela pour lui ne faisait aucune difference. Un jour, il m’a raconté, il a chassé un ours tout seul, il devait faire 600kg environs. Je l’ai regardé un peu perplexe, aucun problème à croire qu’il a tué l’ours tout seul, mais je ne voyait pas comment il a pu transporter la carcasse jusque chez lui. Tobias et très fort, j’ai travaillé avec lui toute une journée et alors que je pouvait à peine soulever un bac avec toute la force que j’avais ( ok, ce n’et pas la meilleure reference) lui en prenait un dans chaque main sans problèmes et les portait comme si c’étaient 2 paquets d’eau, je pense qu’il devaient faire entre 15-20 kg chaque. Je lui ai donc posé la question,”Comment as tu fait pour le porter quand il était mort?” et d’un air tout à fait naturel, presque surpris par ma question il m’a répondus, "je l’ai porté". Alors je pensais qu’il n’avait pas bien compris ma question, j’ai répété en essayant d’être plus précise “Oui mais il est très lourd un ours, tu as pu le porter tout seul?” Et là, il m’a tout simplement dit qu’il l’avait porté sur la glace et coupé en morceaux, comme si c’était évident. Je n’ai plus posé de questions.

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La même semaine que je suis arrivée ici à Tasiilaq, Tobias avait tué un ours, j’ai donc eu l’honneur pour le premier soir ici de goûter à sa viande précieuse, qui est très savoureuse et voir les la peau blanche sécher au soleil. alt Comme pour tout animal, il n’y pas de déchets, tout est utilisé et rien n’est perdu, la peau, les griffes le squelette et bien sur la viande. Tout est si précieux de cet animal car c’est extrêmement difficile de le chasser et de les tuer. Quand on rencontre le rois des glaces c’est un tête à tête difficile et dangereux où il ne peut qu’il avoir qu’un seul vainqueur. Alors d’ici là je le regarde au travers de ses représentations pour mieux le connaitre.

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Between Greenland and Naneq (what in Inuit means polar bear) it's a love story.
But for a few years now, more and more bears have been seen near the villages. In Tasiilaq, southeastern Greenland, this year they counted about 10 times more polar bears than in the previous ones. Axel, an Inuit man who grew up here in Tasiilaq, told me that when he was a child it was really difficult to meet a bear, the hunters had to go far to get one and sometimes they had to walk for a week without meeting any of them. But today it's a whole other story.

Since I arrived in Tasiilaq, 2 weeks ago, they have already seen at least 3 bears within 500m from the village and when we go hiking we always take a gun with us. Surprising? Not really, intrigued by the issue I spoke with the people and did some little research.

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The questions I had were: "Does it mean that there are more bears?" Or "Are the bears moving further south?" And in the latter case "Why?". In my research I discovered that the number of bears in the population of East Greenland is unknown, but I also read on a WWF article that Arctic ice forms later and dissolves more quickly due to global warming and sometimes is too thin for polar bears to move, so they are forced either to swim during a long time or remain ashore, waiting for the ice. This could be one of the reason why probably people see more bears than they used to.

The problem? Polar bears are not made to stay on the ground. Despite being nomads, their habitats are ice and icy sea where they can easily move between icebergs, swim, hunt seals and thus feed themselves. If the ice disappears, it's simple, they stay on the mainland where there are no seals (the basic diet of a polar bear), so they do not eat and really hungry they are attracted by the perfumes of waste and food that are in the villages and therefore approach dangerously. Which is a danger for them and for the inhabitants of the little towns on the Greenland coast.

For the Inuit people and also in their culture, the bear has always been an important symbol, it is not only the known predator of all, often it is described as a curious, dangerous and highly respected animal. The bear is the most important animal. Here the value of a hunter is determined by the number of bears he killed. But it is not hunting as one can imagine in Europe, here people do not hunt to be important, have fun or just to hang the skin of a bear on the wall of their homes, here we hunt to live, to survive.

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Because here, this beautiful land rich of such landscapes that I will never stop looking at with admiration and passion, is at the same time so difficult, sometimes even frightening and dangerous where no breeding or agriculture are possible, were the climate and everyday weather are the sovereign of the men and therefore hunting remains an essential means of survival.

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I have not yet had the chance (or bad luck) to meet the King of the Ice, even though I would love to see one. When I think about it I'm excited and frightened at the same time, the idea of ​​being in front of this imposing animal without any defence (it is true that people almost always walk with a gun, but how useful it is when you are a girl 1.50m tall and that the only times she shots with a rifle was on cardboard ducks at local fairs?) and exchanging the gaze for a moment remains a dream. Maybe one day I would have this meeting, I hope then also to have the chance to be able to tell it.

Last week I shared two awesome days with Tobias, one of the best hunter of the coast. When I talked with him about polar bear he smiled, I think that he has something of the bear too, not that he is fat, but when he is next or in front of me I can feel he's important and imposing presence, like the one of that mythical animal. He explained to me that the bear hunting is regulated, he can kill 25 bears per year, which is not so simple. I asked him whether they hunt the bear alone or in a group. He simply answered, "alone or in a group", for him there was no difference. One day, he told me, he had hunted a bear all by himself, he it was about 600kg. I looked at him a little puzzled, no problem believing he killed the bear all by himself, but I did not see how he was able to transport the dead bear to his home. Tobias is very strong, I worked with him for a whole day and while I could barely lift a tray with all the strength I had (ok, I'm not such a good reference)he took one of each hand without problems and hold them as if they were 2 packs of water bottles, I think they had to weight around 15-20 kg each. However, a bear is another matter, so I asked him, "How did you manage to bring it home when he died?" And with a lovely smile and almost surprised by my question he answered me, "I carried it". I thought then that he didn't got my question, I repeated it trying to be more precise "Yes, but a bear it is very heavy, how could you carry it on your own? " And there he just said that he had carried it on the ice and cut into pieces, as if it was obvious. I did not ask any more questions.

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The same week that I arrived here in Tasiilaq, Tobias had killed a bear and I had the honor for my first supper to taste its precious meat, which is extremely tasty and see its white skin drying in the Sun.
alt Like the inuit do with all the animals they hunt, there is no waste, everything is used and nothing is lost, the skin, the claws the skeleton and of course the meat. Everything is so precious also because it is extremely difficult to hunt and kill a bear. When someone meets the kings of the ice it is a difficult and dangerous one to one meeting where there can only be one winner. So by then, I only look at its representations trying to better know it. alt